Naëm Bestandji

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Des "élus locaux" font un appel du pied aux islamistes

Par Naëm Bestandji . Publié le 19 Décembre 2020 à 13h24

"Plus de 70 élus locaux" ont signé un appel : "Contre l'islamophobie en France: il est temps de prendre conscience de la situation" (1).

Ce texte reprend la stratégie victimaire, essentialisante et inversée de l'islamisme. Il souhaite d'abord légitimer le terme "islamophobie" qui vise à confondre les actes et propos anti musulmans avec les atteintes à l'islam. Leur rêve est d'établir un délit de blasphème spécifique à cette religion. Ce terme permet également de fusionner tous les musulmans avec les islamistes.

Ainsi, pour les signataires, lutter contre le fascisme islamiste serait "criminaliser les musulmans" par un "État fasciste". Pour prouver leurs dires, ils dénoncent la dissolution de BarakaCity, présentée comme une simple "organisation humanitaire", et la dissolution du CCIF, présenté comme une "organisation de défense des droits humains" (sic).

Les mots utilisés, pour dénoncer cette situation si injuste selon eux, vont toujours plus loin dans la surenchère pour assurer une victimisation maximale : "campagne du gouvernement contre les Musulmans en France", "répression totalitaire" contre "les musulmans", "criminaliser les musulmans", "actions oppressives contre les musulmans, ainsi que contre toute organisation perçue comme musulmane", "le gouvernement français sombre dans le fascisme", "la stigmatisation, la diabolisation et la déshumanisation des citoyens musulmans", "obsession pour les musulmans et l’islam qui conduit le pays au fascisme".
Ces termes sont un copié-collé de tous les éléments de langage de l'islamisme politique et des idéologues djihadistes pour susciter des vocations. Ce texte est une des illustrations concrètes du partenariat entre une frange de la gauche et de l'islamisme politique. Ce n'est donc pas un hasard si, parmi les signataires, se trouve Samy Debah, "conseiller municipal de Garges-lès-Gonesse" mais aussi fondateur et ex président du... CCIF.

La fin de cet appel apporte une conclusion à la hauteur de toutes ces expressions ultra victimaires : "si le pays où est née la Déclaration des Droits de l'Homme se transforme - à nouveau - en un État fasciste, l'Union européenne tout entière revivra ses heures les plus sombres."

Ces termes sont un copié-collé de tous les éléments de langage de l'islamisme politique et des idéologues djihadistes pour susciter des vocations.

Les "élus locaux" signataires ne sont pas des maires mais des conseillers municipaux et quelques adjoints, quasi exclusivement de région parisienne. Leur importance politique est relative. Mais ce genre d'appel "d'élus locaux", déjà partagé par plusieurs comptes d'islamistes politiques sur les réseaux sociaux, apporte sa pierre à la stratégie victimaire et à la propagande islamiste. C'est typiquement le genre de discours qui fait énormément de dégâts dans les quartiers populaires.
Les signataires prétendent vouloir éviter le "piège du racisme et de la haine, au seul profit de l'extrême-droite et des terroristes". Or, cet appel international, digne de l'extrême droite par son essentialisation de tous les musulmans à leur frange extrémiste, cultive au contraire la haine et conforte l'extrême droite dans son image négative des musulmans. Les signataires font également un appel du pied aux bas instincts de tous les djihadistes en puissance. Ce texte pose de nouveaux jalons pour un nouvel attentat.

(1) Contre l'islamophobie en France: il est temps de prendre conscience de la situation