Naëm Bestandji

Féminisme / Universalisme / Laïcité

actualités -

Le racisme bon teint du mouvement #NousToutes

Par Naëm Bestandji . Publié le 16 Novembre 2020 à 13h10

Le mouvement féministe "Nous toutes" dérive de plus en plus vers l'intersectionnalité, avec toutes les conséquences racistes et antiféministes que cela implique.

Un nouvel exemple s'est fait jour, qui met en valeur les contradictions et les bêtises dangereuses d'une telle approche importée des États-Unis, et appliquée bêtement à une histoire et un contexte français totalement différents.

Le mouvement avait organisé début novembre une formation sur l'intersectionnalité. Elles ont alors fait appel à une spécialiste, maitresse de conférence en sociologie qui travaille depuis des années sur "les mécanismes de domination et de violences sexuelles". Mais, malgré ses compétences et donc sa pertinence à être intervenante, elle a un "défaut" : elle est blanche. Une autre intervenante était aussi… blanche. Alors, "plusieurs militantes ont exprimé leur colère" car cela contribuerait à "l’invisibilisation des premières concernées", à savoir les femmes "non blanches", qu'elles appellent par un terme raciste : "racisées".

#NousToutes racistes 1

#NousToutes racistes 2

#NousToutes racistes3

#NousToutes racistes 4

Cette approche raciste jusqu'à l'absurde amène diverses questions : à partir de quel moment une personne passe de "blanche" à "non blanche" ? Un jury se réunit pour classer les individus à leur seule vue ? On fait des tests ADN ? On pose un repère sur un nuancier puis sur le bras de chacun pour classer les individus dans la case "victimes" ou la case "oppresseurs" ? Si les intervenantes contestées avaient été métisses, elles auraient été à moitié légitimes ? Et que dire si une femme déclare "je suis "blanche" mais je me sens "noire" ou l'inverse ? "Qui sommes-nous pour parler à sa place et lui dire ce qu'elle est censée être", comme disent les racialistes ?

Le racisme de "Nous Toutes", typique du racialisme dont l'intersectionnalité est une branche, montre cette forme de racisme bon teint parce que victimaire. Chez "Nous toutes", la couleur de peau prime sur les compétences, la couleur de peau FAIT la compétence (ou l'incompétence, pour les intervenantes "blanches" qui oseraient parler de leurs travaux universitaires sur les discriminations).

Pour se défendre des accusations de racisme, les intersectionnelles disent que la "blanchité" n'est pas biologique mais sociale. Or, comme je l'avais déjà écrit à maintes reprises, nommer un phénomène social par une couleur de peau fait forcément référence à la biologie. C'est réduire un problème complexe et multi causal à un seul élément qui serait au cœur de tout : la "race". Nous en avons là un énième exemple.

"Nous toutes", enfin… pas trop "toutes" quand même. On est chez les intersectionnelles, pas chez les universalistes.

Voilà ce qu'est l'intersectionnalité. Voilà pourquoi je suis universaliste.