Naëm Bestandji

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actualités - Alliance citoyenne, voile, ''islamophobie''

Alliance citoyenne veut imiter les islamistes du CCIF

Par Naëm Bestandji . Publié le 27 Juillet 2019 à 20h17

"Campagne pour les droits civiques des femmes musulmanes" : Alliance citoyenne continue à répéter son slogan marketing mensonger dans le cadre de sa participation à la propagande islamiste.
Après être devenue partenaire de la branche estudiantine des Frères musulmans (EMF) et du centre culturel musulman de Grenoble (qui baigne dans l'idéologie frériste), après avoir accueilli en son sein des militantes islamistes avec les conséquences que l'on connait, l'association franchit un nouveau cap. Elle s'appuie à présent sur le CCIF, idéologiquement la branche juridique des Frères musulmans en France et fleuron de l'extrême droite musulmane.

J'ai écrit de nombreux articles sur le CCIF depuis près de 3 ans où j'ai mis en lumière et analysé sa vision raciste et totalitaire du monde, son ultra identitarisme, sa vision rétrograde et identitaire de la femme musulmane, sa stratégie victimaire, et tout ça par la répétition des discours classiques issus du salafisme et des Frères musulmans.
Pour le CCIF, la femme musulmane se réduit au voile. Toutes les autres ne seraient pas vraiment musulmanes en raison de leur "pratique du mode de vie tel qu'il est pratiqué ici", c’est-à-dire en France, comme l'avait très bien expliqué le CCIF par le passé. Alliance citoyenne n'a fait que reprendre certains de ses éléments de langage en parlant de "les femmes musulmanes" pour ce qui concerne uniquement les fanatiques religieuses. Le but est d'essentialiser toutes les musulmanes afin qu'elles se conforment à la norme définie par les islamistes, c’est-à-dire le voilement et toutes ses conséquences.

Mais en parlant de "droits civiques des musulmanes", Alliance citoyenne est allée plus loin dans le ridicule que le CCIF. Par ce terme, nous voyons la jonction entre un concept importé des États-Unis par la méthode Alinsky et l'intégrisme musulman. C'est la même chose avec un autre concept importé d'outre Atlantique, l'intersectionnalité, et ce même intégrisme musulman. La raison est simple : le modèle communautariste anglo saxon permet l'épanouissement de l'intégrisme religieux là où l'universalisme lui est un mur infranchissable.

Pour parfaire un peu mieux ce rapprochement avec la logorrhée du CCIF, Alliance citoyenne s'appuie à présent sur l'association islamiste pour tenter de faire croire que "l'islamophobie" serait un délit. C'est le fond de commerce du CCIF qui désire rétablir le délit de blasphème. Pour cela, il souhaite confondre les discriminations, propos et actes anti musulmans (condamnés par la loi) avec la critique de l'islam et de l'islamisme. En fusionnant habilement les deux, par le terme "islamophobie" (qui ne concerne que la religion, pas les croyants), il espère que cela passera un jour dans une loi. Par son zèle, le CCIF proclame même régulièrement un mensonge : "l'islamophobie est un délit". Or, ce terme ne figure dans aucun texte de loi. Et pour cause : le délit de blasphème est aboli depuis la fin du 19e siècle. En France, il est tout autant permis d'être islamophobe qu'islamophile.

En reprenant ce terme et en citant le CCIF, Alliance citoyenne marque le rejet d'un des fondements de la démocratie, la liberté d'expression dont l'irrévérence et la critique des religions font partie. Sa motivation est la même que le CCIF : se servir du voile comme cheval de Troie à travers une approche victimaire et essentialisante pour inclure toutes les musulmanes malgré elles dans leurs revendications sexistes et politico-religieuses.

Alliance citoyenne prend tout le package puisqu'elle diffuse en même temps la fameuse image illustrant plusieurs femmes dont une voilée pour banaliser le sexisme du voile, en faire un simple accessoire vestimentaire comme le bandana porté par les autres femmes. Comme si le voile avait la même fonction et s'enlevait aussi facilement qu'un bandana ou un serre-tête. Ce style d'image est souvent repris par les intersectionnels et une partie des Frères musulmans dans la stratégie d'entrisme de ces derniers.

Cette essentialisation, cette volonté d'identifier et de réduire toutes les musulmanes aux islamistes femmes, de faire croire que toutes les musulmanes pensent et veulent agir de la même façon que les fanatiques, ce stéréotype véhiculé par Alliance citoyenne, portent un nom : le racisme.

Son mimétisme est poussé à un tel point qu'elle se prend même pour le CCIF en lançant le même type de campagne juridique. Et comme le CCIF, elle écarte les appels à dénoncer les discriminations, humiliations et pressions vécues par les musulmanes qui résistent au voilement. Les discriminations intracommunautaires n'entrent pas dans le logiciel victimaire de la propagande islamiste.

Par sa stratégie caricaturale, Alliance citoyenne montre encore plus facilement l'alliance entre une partie de l'extrême gauche et une partie de l'extrême droite musulmane.