Source : chaîne YouTube d'Ersilia Soudaix, "Ersilia Soudais - Loi séparatisme ou l' #islamophobie décomplexée", https://youtu.be/9tKL-u_-u_M?si=yTShNYzMroh3TEd4
Nous observons encore sur les réseaux sociaux des militants d’extrême gauche et des représentants politiques dénoncer la dissolution du CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France), présenté comme une "association antiraciste".
Il y a quelques jours seulement, au sein même de l’Assemblée nationale, la députée LFI Ersilia Soudais est allée jusqu’à utiliser la rhétorique d’inversion si chère à l’islamisme politique, en déclarant que la loi sur le séparatisme serait une "nouvelle forme d’Inquisition" contre… l’islamisme qui rêve d’installer une Inquisition religieuse en France. Elle regrette alors "la scandaleuse dissolution du CCIF". Pour faire passer la pilule de son propos, elle reprend là encore un élément de langage de l’islamisme politique, issu de sa stratégie victimaire : "chasse au musulmans". Elle s’approprie l’idée islamiste de se servir de l’ensemble des musulmans comme bouclier politique afin de protéger l’extrême droite musulmane : lutter contre l’islamisme serait s’en prendre à tous les musulmans. Pour elle, musulman/islamiste c'est pareil.
J’ai travaillé plusieurs années sur le CCIF. J’ai révélé de nombreux éléments sur cette association "antiraciste". D’autres l’ont également fait. J’ai écrit de nombreux articles à son sujet (voir le dossier "CCIF/CCIE" dans l'onglet "Dossiers").
Je rappelle donc que le CCIF était une association d'extrême droite musulmane, idéologiquement la branche juridique des Frères musulmans en France. Cette association considérait que les musulmans avaient vocation à diriger le monde car, selon le porte-parole du CCIF qui s’appuyait sur un verset coranique, ils auraient été choisis par Dieu pour être "les premiers de la classe".
Le CCIF haïssait la laïcité. Tout obstacle au prosélytisme islamiste était considéré comme une offense à l'Islam ("islamophobie") donc un blasphème. Comble de l'ironie, le CCIF n'hésitait pas à tenir des propos islamophobes envers les interprétations de l'islam pas assez radicales à ses yeux. Exemples : "Islam du Réverbère" pour exprimer son mépris envers "l'islam des Lumières", "Islam de la serpillière" pour exprimer sa haine envers une interprétation de l'islam un peu trop compatible avec la République.
Pour présenter une vitrine acceptable, il se présentait, en effet, comme une "association antiraciste" dans le cadre de sa stratégie victimaire. Mais dans son arrière cours, des propos racistes étaient prononcés, surtout à l'encontre des musulmans qui ne lui convenaient pas.
Comme tous les islamistes, le CCIF avait une conception patriarcale des relations femme-homme et avait fait du sexisme du voile son emblème.
Cette association suprématiste n'a jamais défendu "les musulmans", uniquement les radicaux et les plus identitaires d'entre eux.
Mais la stratégie victimaire fonctionne. Une partie de la gauche soutient l'extrême droite musulmane, comme Ersilia Soudais, la quintessence des réactionnaires qui prétendent être de gauche. C’est en grande partie grâce à cette frange de la gauche que l’islamisme progresse. Ils sont les "idiots utiles" de l’islamisme.