Naëm Bestandji

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Europe Écologie les Verts invente le sexisme bio

Par Naëm Bestandji . Publié le 02 Mars 2020 à 12h46

EELV fait passer le respect de l'intégrisme religieux (mais qui ne concerne que l'islamisme) avant l'égalité des sexes. Le sexisme devient acceptable lorsqu'il est brandi par une femme au nom du respect de son islamité. C'est un classique : on quitte le terrain du sexisme concerné par le voile pour aller sur celui de la laïcité, paradoxalement plus favorable aux islamistes selon les circonstances. A EELV, on considère ainsi que la question de l'intégrisme religieux (perçue par le parti comme une simple expression de piété) est plus importante que le féminisme.

Le sexisme du voile est bien le lien politique entre l'islamisme et une partie de la gauche

Cette validation du sexisme, qui fait de la femme un objet sexuel à dissimuler sous un voile pour ne pas exciter les hommes, renverse le bouclier de la laïcité pour protéger l'avancée de l'islamisme politique. Le parti prétexte ainsi la loi qui n'interdit pas les "signes religieux" pour les élus. Une stratégie habituelle des pro islamistes et partisans du sexisme du voile qui se réfugient derrière le juridique pour esquiver les questions philosophiques, politiques, les principes et valeurs. Rien que cela est inquiétant pour un parti dit "de gauche" qui fait de l'islam (de plus dans sa version extrême) un instrument politique par son affichage électoral. Or, un élu représente tous ses administrés. Il n'est pas fonctionnaire mais représente l'institution. Il doit donc faire preuve de neutralité religieuse, surtout lorsque le "signe religieux" est si énorme et mis en avant qu'il est la première et unique chose que nous retenons de l'élue concernée. Une mairie n'est pas un lieu de culte. Un élu ne s'adresse pas à des fidèles mais à des citoyens. De plus, quelle image de la femme cela renvoie à la population ? Le message sexiste envoyé, reconnu officiellement comme acceptable et valorisé, est désastreux. Enfin, si l'élue est dans l'incapacité psychologique de retirer cet accessoire pour les quelques minutes ou quelques heures d'exercice de son mandat, parce qu'elle craint d'exciter les hommes et d'aller brûler en enfer pour cela, est bien la preuve que ce fanatisme n'a pas sa place chez les élus de la Nation. Pour mettre un terme à cette irruption du religieux en politique cautionné par EELV et quelques autres, qui ont abandonné le principe de laïcité par hypocrisie juridique, la loi doit être modifiée.

Le "féminisme" d'EELV s'arrête là où le sexisme islamiste commence.

Ensuite, le voile n'a rien de religieux en islam. C'est une prescription islamiste, non coranique (1), exclusivement basée sur la ségrégation sexuelle dont les femmes doivent porter le stigmate sur leur tête. Là encore, c'est particulièrement inquiétant pour un parti dit "de gauche". Le "féminisme" d'EELV s'arrête là où le sexisme islamiste commence.

Ce retour en arrière concernant les corps des femmes est présenté comme un progrès par EELV. Inversion typique de l'islamisme politique adopté par le parti écolo qui invente ainsi le "sexisme bio".

A Tourcoing, EELV et l'islamisme politique vivent une histoire d'amour

La présence de femmes voilées sur les listes électorales se multiplie donc, assurant une avancée certaine de l'islamisme politique par la pose de ces jalons. Tourcoing en est un bon exemple. Zakia Meziani est une militante islamiste localement très active. Elle s'est fait connaître en juin 2019, en pleine polémique sur le burqini à Grenoble. Elle publia un tweet ultra victimaire où elle compara l'interdiction du burqini, oppression que subiraient toutes "les musulmanes" selon elle, à l'extermination des Juifs par les nazis (2). Elle compare l'extermination de millions de personnes en raison de ce qu'elles étaient en tant qu'Êtres humains, avec un règlement applicable à tous les citoyens sans distinction de couleur, d'origine et de religion. Elle considère le refus d'accorder un privilège au sexisme des islamistes comme la volonté d'exterminer la totalité des musulmans. Par sa publication, elle a poussé la racialisation de l'islam à l'extrême. Au point de comparer les musulmans aux Juifs pour tenter de hisser par tous les moyens "l'islamophobie" (c’est-à-dire la peur de l'islam, sa critique et moquerie) au niveau de l'antisémitisme. La macabre instrumentalisation de la Shoah est le point culminant.

Zakia Meziani fut candidate EELV aux élections cantonales en 2015, apothéose de l'"islamisto-gauchisme" à Tourcoing. Loin d'avoir refroidi le parti, tant son attirance envers le sexisme islamiste brûle de passion, cette militante est de nouveau sur la liste écolo pour les municipales de 2020 (3). Cette fois, elle est même en neuvième position. Le "sexisme bio" (présenté comme féministe arguant du fait que la tête de liste est une femme) et le respect de l'islamisme, on y croit dur comme fer à EELV.

(1) "l'obligation religieuse du voile" créée par les intégristes : une hérésie sexiste combattue par les musulmans rationalistes, Coran à l'appui
(2) Une militante islamiste instrumentalise la Shoah pour défendre le sexisme du burqini
(3) Tourcoing: avec Katy Vuylsteker, les écologistes nourrissent de grandes ambitions