Naëm Bestandji

Féminisme / Universalisme / Laïcité

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Le Conseil d’État valide les dissolutions du CCIF et de BarakaCity

Par Naëm Bestandji . Publié le 24 Septembre 2021 à 18h48

Fin 2020, des procédures avaient été lancées par le gouvernement pour dissoudre deux associations d'extrême droite musulmane : le CCIF et BarakaCity. L'une affichait une vitrine "antiraciste" et l'autre "humanitaire" pour mieux cacher leur arrière-cour islamiste. Ces deux associations avaient contesté leur dissolution auprès du Conseil d'État. Aujourd'hui, ce dernier confirme la procédure du ministère de l'Intérieur. Elles sont donc à présent définitivement dissoutes.

Le CCIF, à travers le CCIE (Collectif Contre l'Islamophobie en Europe), ainsi que ses soutiens, ne manqueront évidemment pas de hurler à l'injustice et que cette décision du Conseil d'État serait la preuve de "l'islamophobie institutionnelle" ou "l'islamophobie d'État" (c'est à dire l'atteinte à l'islam, confondue avec la lutte contre l'islamisme et l'hostilité envers les musulmans). C'est le côté pratique de la victimisation.

Le Conseil d'État confirme la procédure du ministère de l'Intérieur. Le CCIF et BarakaCity sont donc à présent définitivement dissouts.

Toutefois, il n'y a pas de quoi être totalement soulagé. Comme je l'avais écrit à l'époque, dissoudre ces associations ne dissout pas leurs idées. En 18 ans d'existence, le CCIF a causé énormément de dégâts. Jamais l'islamisme politique n'avait été aussi actif et efficace que par les actions du CCIF. Jamais la stratégie victimaire n'avait été poussée aussi loin. Ses techniques de communication, ses éléments de langage, inspirent aujourd'hui des associations comme Alliance citoyenne. Le CCIF a réussi à banaliser l'islamisme auprès de bon nombre d'acteurs politiques et associatifs de gauche. Il a fortement contribué à exacerber l'identité "islamique" auprès de la jeunesse de confession musulmane.

En 18 ans d'existence, le CCIF a causé énormément de dégâts.

De plus, le CCIF s'est reconstitué en Belgique (sous le nom de CCIE) et BarakaCity s'est réfugié en Turquie (son fondateur continue de sévir en France à travers son compte Twitter).

Mais ne boudons pas notre plaisir. Pendant près de 5 ans, je n'ai cessé de révéler des sources, de les analyser et d'alerter sur le CCIF. D'autres ont aussi alerté. C'est donc, malgré tout, une bonne nouvelle pour tous les opposants à l'islamisme. Il faut savoir la savourer... au moins pour un soir.