Naëm Bestandji

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Le Parti Communiste héberge le sexisme islamiste d’Alliance Citoyenne (1/2)

Par Naëm Bestandji . Publié le 04 Août 2021 à 13h21

2ème partie

Alliance citoyenne est une des associations les plus sexistes et rétrogrades de France. L’antique patriarcat vestimentaire y est légitimé par la « liberté » de s’y soumettre. Exclusivement réservé à l’intégrisme musulman, ce militantisme mené par quelques femmes nostalgiques du VIIe siècle (soutenues par des non-musulmans nostalgiques de l’image orientaliste et coloniale des musulmanes) est déclaré être, depuis quelques mois, « féministe ». L’association détourne la lutte pour l’égalité des sexes et la liberté de disposer de son corps au profit d’une idéologie qui les rejette. Le terme « féminisme » est instrumentalisé pour l’inclure dans les éléments de langage de l’association afin de servir sa stratégie marketing inspirée de l’islamisme politique. Alliance Citoyenne est aussi un cas d’école de ces associations et militants qui assurent la jonction entre une partie de l’extrême gauche et de l’extrême droite musulmane. Par ses actions pro-burqini dans les piscines municipales et pro-voile dans le sport, les offensives politiques de l'islamisme n’ont jamais été aussi nombreuses en France qu’au cours du mois de juillet 2021. L'association confirme son statut de meilleur partenaire de cette idéologie. Elle utilise l'outil politique favori de ce dernier : le sexisme du voile.

Le Parti Communiste de l’Isère n’a pas apprécié ma révélation sur son rôle officieux dans les actions politiques de l’islamisme

L'association ne pourrait pas agir efficacement sans un QG digne de ce nom. Elle a besoin d'un siège, d'un local pour organiser ses formations et ses actions. Le Parti Communiste y répond. Depuis l'été 2020, Alliance citoyenne est hébergée dans les locaux grenoblois du Parti Communiste de l'Isère. Par cet accueil, le PC est devenu un des maillons de l'islamisme politique. Il intègre et vient renforcer le cordon sanitaire qui protège et défend cette idéologie. Et, par le loyer possiblement versé par Alliance citoyenne, elle en récolterait même de l'argent (ou en économiserait) ?

Accueillir Alliance citoyenne dans les locaux du Parti Communiste de l'Isère est bien plus grave que les subventions accordées au CCIF par la ville de Grenoble et la Métropole. Pourquoi ? Parce que le PC ne peut pas jouer la carte de l'ignorance. Le black-out qu'il tente de poser autour de ce choix, qui le met mal à l'aise, montre qu'il est bien informé de l'objet, des méthodes et des partenariats compromettants de cette association. Mais le PC affirme malgré tout son soutien plein et entier à Alliance citoyenne, même s'il le fait sur la pointe des pieds.

Ces deux passages d’un de mes articles, publié le 1er décembre 2020, déclenchèrent les foudres du secrétaire départemental du Parti communiste de l’Isère, Jérémie Giono. Dans une vidéo dont je suis la cible, publiée le 3 décembre sur sa page Facebook (1), il s’est montré particulièrement agressif et verbalement violent, faisant même preuve de mépris de classe (un comble pour un communiste) pour botter en touche et dissimuler ses volontaires approximations.

Sa vidéo fut autant « likée » par des militants d’Alliance Citoyenne que par des membres du PCF de l’Isère (dont des élus locaux) et même par la sénatrice Cécile Cukierman. Amar Bellal, membre du Conseil national de direction du Parti Communiste, s’est en plus fendu d’un communiqué sur Facebook pour afficher son soutien le plus total. Enfin, cette vidéo a été partagée sur le compte Twitter officiel du PCF 38. Tout cela engage le parti qui reconnaît là être en accord sur le fond comme sur la forme. Il y a la volonté de montrer que cette image offerte par cette vidéo est bien celle que veut avoir le PCF : s’en prendre à un habitant des quartiers populaires parce qu’il a osé jouer son rôle de lanceur d’alerte et apporter une analyse sur cette dérive du Parti Communiste. Cette solidarité ne se limite pas à la violence d’une prestation filmée contre un citoyen. Elle s’étend surtout à ce que cette vidéo veut dissimuler : le soutien du parti aux actions islamistes et sexistes pro-burqini et pro-voile de façon plus générale (les actions islamistes d’Alliance Citoyenne s’étendent aussi dans les salles de sport, le football et, dans l’avenir, ont pour projet de s’étendre partout ailleurs).

Il y a la volonté de montrer que cette image offerte par cette vidéo est bien celle que veut avoir le PCF : s’en prendre à un habitant des quartiers populaires parce qu’il a osé jouer son rôle de lanceur d’alerte et apporter une analyse sur cette dérive du Parti Communiste.

Les menaces, les intimidations et les tentatives d'humiliation du PCF sont peut-être des méthodes utilisées au sein du parti, mais elles ne fonctionnent pas sur moi. Une telle hargne, une telle rhétorique d’inversion (les personnes qui ont une cible dans le dos ne sont pas les communistes de l’Isère mais les personnes visées par l’islamisme djihadiste), une telle violence dans les mots comme dans le ton, avec une si grande maîtrise pour éviter de se prononcer sur Alliance Citoyenne, ne peuvent qu’interroger.

Le premier élément indiquant l’installation d’Alliance Citoyenne dans les locaux du PCF de l’Isère est tout simplement l’adresse officielle indiquée par l’association sur sa page Facebook et sur Google. Depuis l’été 2020, elle est la même que celle du parti. Toutefois, mon alerte de décembre 2020 a contraint le PCF 38 et Alliance Citoyenne à prendre quelques mesures pour encore mieux flouter la situation. L’association a remplacé son adresse sur sa page Facebook et sur Google par un vague « place de la gare », sans numéro. C’est à la fois vrai et faux. L’adresse réelle n’a pas changé. Il se trouve simplement qu’elle est proche de la place de la gare.

Mais une adresse identique ne veut pas obligatoirement dire que ces locaux sont la propriété du parti, même si on imagine mal que l’association s’y soit installée à l’insu de son plein gré.

Alliance Citoyenne confirme être hébergée par le PCF de l’Isère

Fin juin 2020, Alliance citoyenne envoya à plusieurs associations (sans aucun lien avec l'islamisme) une invitation pour un temps de rencontre inter-associatif fixé au 6 juillet. L'objectif était de les séduire afin de les convaincre de mener des projets communs. Mais plusieurs invitées ont manifesté leur étonnement quant au lieu choisi : le siège du Parti Communiste de l'Isère. Le 30 juin, Alliance citoyenne leur envoya alors un mail car plusieurs personnes invitées nous ont questionné (sic) quant à notre choix de salle pour l'organisation de ce temps. Dans ce mail, elle réaffirme son envie de présenter notre organisation et le travail que nous menons sur l'agglomération grenobloise, notamment les actions islamistes qu'elle présenterait sans nul doute comme une lutte pour les « droits civiques des femmes musulmanes ». Ces actions seront noyées au milieu de celles qui concernent le logement et le handicap, pour faire passer la pilule et mieux les banaliser. C'est une méthode déjà utilisée par des associations « culturelles » islamistes.

Alliance citoyenne veut aussi expliquer pourquoi avoir choisi un tel lieu pour les accueillir : La salle Raymond Perinetti, où nous allons organiser ce temps, nous est gracieusement prêtée par nos colocataires du Parti Communiste. Habituellement, ils la louent pour des formations (Scop l'Orage, Ordre des kinésithérapeutes, syndicat) à la journée. C'est une faveur qu'ils nous font en la mettant à notre disposition pour ce temps. (…)
Si nous avons choisi cette salle c'est qu'elle était la seule disponible et suffisamment grande
.

Ce mélange des genres avaient gêné des invités qui ont manifesté leur étonnement. Certains ont été encore plus gênés en apprenant les liens islamistes d'Alliance citoyenne. Une gêne compréhensible, mais qui ne l'est pas pour le PCF de l'Isère. Ce qui l’est à ses yeux, en revanche, c’est que le soutien du parti soit dévoilé. D’où la colère du secrétaire départemental exprimée dans une vidéo où il se comporte bien plus en « tonton Jéjé » en fin de soirée bien arrosée qu’en responsable politique. Malgré la confirmation d’Alliance Citoyenne qu’elle est bien colocataire du parti, Jérémie Giono affirme : [c’est] faux car nous sommes nous-mêmes locataires des locaux que nous occupons et nous ne les sous-louons pas. Son affirmation est vraie… sans l’être totalement.

La Dauphinoise : la SCI du Parti Communiste

Le propriétaire des murs est une SCI, La Dauphinoise. SARL fondée en 1955 par des militants du parti, elle se transforme en SCI en 2019. Le gérant actuel est Daniel Merighi, président de l’Association de financement du Parti Communiste de l’Isère de 2000 à 2011. Lorsqu’il devint gérant de La Dauphinoise, il remplaça Marcel Viard, lequel devint président de … l’Association de financement du Parti Communiste de l’Isère. Les trois actionnaires de la SCI sont très attachés au PCF. L’un d’eux, Max Blanchard, est même le rédacteur en chef du Travailleur alpin, organe de presse du PCF de l’Isère. Les locaux du journal sont situés à la même adresse que le PCF 38 et, aujourd’hui, Alliance Citoyenne.

Cette SCI n’est que l’instrument juridique par lequel la Fédération communiste de l’Isère gère ses biens immobiliers. Cela n’a rien d’illégal : tous les partis politiques procèdent ainsi. D’ailleurs, depuis 2019 la SCI La Dauphinoise apparaît bien dans le patrimoine du Parti Communiste Français, selon les documents fournis par le parti à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Une clarification d’une situation existante depuis des décennies pour se conformer à la loi pour la confiance dans la vie politique. Cette SCI est donc juridiquement distincte du PCF, tout en lui appartenant. Jérémie Giono peut ainsi affirmer que le PCF de l’Isère ne sous-loue pas ses locaux… la SCI de la fédération s’en charge à sa place.

La mystérieuse « structure de formation professionnelle »

Dans sa vidéo, Jérémie Giono affirme ensuite que les autres locataires de l’immeuble sont, actuellement, une structure de formation professionnelle et une structure d’hébergement d’urgence, dont il se garde bien de citer les noms. C’est compréhensible pour l’hébergement d’urgence. Ça l’est moins pour la « structure de formation professionnelle ». Un halo de mystère flotte autour de cette structure. Officiellement, personne ne sait de qui il s’agit. Aucun militant du PCF que j’ai pu contacter n’est informé. Mon appel au secrétariat du parti en septembre 2020 n’apporta pas plus de renseignements. On m'indiqua un vague « centre de formation » sans m'en citer le nom. La fédération reste très discrète, même auprès de ses adhérents qui ont cherché à avoir des explications suite à ma révélation. L’omerta règne.

La « structure de formation professionnelle » en question est l’Institut Alinsky. Les statuts de l’association, créée en décembre 2017, ont été signés par deux représentants qui en sont aussi les deux dirigeants : Laurent Moity (membre du conseil national de l’Alliance Citoyenne) et Christophe Escoffier (Président de l’association ReAct).
Alliance Citoyenne ne s’en cache pas. Sur son site internet, elle indique que l’Alliance Citoyenne a décidé de créer, en partenariat avec l’ONG ReAct, l’Institut Alinsky, qui se définit comme un Think Tank, un organisme de formation et un espace de débats et de recherche (2). Cette co-création ne doit rien au hasard. ReAct est étroitement lié à Alliance Citoyenne.

Cet institut vise à importer des États-Unis les méthodes de Saul Alinsky pour l’organisation des citoyens afin de transformer la démocratie. Saul Alinsky agissait dans les ghettos de Chicago dans les années 1930. Alliance Citoyenne adapte ses méthodes non pas seulement pour défendre la classe populaire (notamment les locataires de logements sociaux), mais aussi pour défendre et promouvoir l’intégrisme musulman à travers son sexisme. Ainsi, toutes les actions pro-burqini, pro-voile dans les salles de sport et le football, sont inspirées des méthodes de cet institut (recrutement des militants, leur formation, lobbying, actions coup de poing, etc.). Moins mis en avant par Alliance Citoyenne, l’institut sert aussi de couverture. En effet, dans son procès-verbal du Conseil d’Administration du 20 juillet 2020, Alliance Citoyenne entérine le transfert de son siège social à la même adresse que celle du Parti Communiste de l’Isère. Mais c’est le nom de l’Institut Alinsky qui figure sur l’interphone. C’est aussi, peut-être, le nom de l’Institut qui figure dans le contrat de bail signé avec la SCI La Dauphinoise. Bien sûr, le PCF ne l’ignore pas. Dans sa vidéo, Jérémie Giono a menti par omission. Sa colère feinte et ses menaces ne servent qu'à détourner l’attention.

Toutes les actions pro-burqini, pro-voile dans les salles de sport et le football, sont inspirées des méthodes de l'institut Alinsky.

Interphone du PCF de l'Isère 1

Interphone du PCF de l'Isère 2

Si, sur le papier, La Dauphinoise loue des locaux à l’Institut Alinsky, en réalité c’est le PCF de l’Isère qui accueille Alliance Citoyenne moyennant finance. Si le parti n’avait pas souhaité la présence d’Alliance Citoyenne, l’association ne se serait jamais installée à son adresse.

Les locaux ont même été repeints afin de bien accueillir les nouveaux « colocataires ». Il est si agréable de préparer ses actions islamistes dans des locaux flambant neufs. C’est d’ailleurs là que fut accueilli Taha Bouhafs. Le 14 mai 2021, le « raciste de service » et indéfectible soutien du CCIF publia sur le site d’information en ligne Le Média un reportage vidéo hagiographique de l’association (3). Sans la moindre approche critique, cette séquence est un publireportage : 13 minutes d’une vidéo publicitaire pour lisser et positiver l’image de l’association, dans le cadre offert par le Parti Communiste à travers sa SCI.

En résumé, la SCI La Dauphinoise, propriété du parti communiste, gérée par un militant communiste, possédée par des « porteurs de parts » communistes, a signé un bail au bénéfice d’un mystérieux « organisme de formation », l’Institut Alinsky, masque d’Alliance Citoyenne. Non seulement le PCF de l’Isère soutient les actions sexistes de l’islamisme politique menées par Alliance Citoyenne, mais en plus son soutien s’est négocié moyennant finance à travers le loyer versé à sa SCI. Voilà comment le Parti Communiste Français, à l’insu de la plupart de ses adhérents, offre l’hospitalité à une organisation promotrice de la « mode pudique » si chère aux islamistes. Cette vision sexiste et rétrograde des femmes ne semble pas gêner le PCF 38, tant que le versement du loyer est à jour. Voilà comment participer à l’avancée de l’islamisme politique… tout en étant financièrement gagnant. Voilà ce qu’ont soutenu des élus communistes locaux et la sénatrice Cécile Cukierman. Cela n’a rien d’étonnant. Comme d’autres partis de gauche, le PCF oscille entre la dénonciation de l’islamisme politique pour la forme et le relativisme, voire le soutien, de cette idéologie totalitaire sur le terrain.

2ème partie

(1) Publication Facebook de Jérémie Giono, secrétaire départemental du Parti Communiste de l'Isère, 3 décembre 2020
(2) L'INSTITUT ALINSKY, FORMATION A L'ORGANISATION DES CITOYENS
(3) Islamophobie : la guerre de Darmanin contre une association

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