Naëm Bestandji

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L'IEP de Grenoble en proie à l'obscurantisme islamiste

Par Naëm Bestandji . Publié le 06 Mars 2021 à 11h00

Source : "Capture d'écran d'une photo des collages relayée par l'UNEF Grenoble sur Twitter", https://www.marianne.net/societe/grenoble-les-noms-de-deux-professeurs-accuses-dislamophobie-placardes-sur-les-murs-de-liep

Une nouvelle fois, le cordon sanitaire sur lequel je ne cesse d'alerter fonctionne : les islamistes n'ont plus besoin de s'agiter, leurs alliés les protègent. A l'IEP de Grenoble, on en fait une nouvelle démonstration.

Un article publié dans Marianne rend compte d'un évènement particulièrement inquiétant qui se déroule à l'Institut des Sciences Politiques (IEP) de Grenoble (1).

Valider le terme "islamophobie" est un renoncement à la science

Un groupe thématique y est créé. Un enseignant exprime son inquiétude sur son intitulé : "Racisme, islamophobie, antisémitisme". Mettre sur le même plan l'atteinte à l'islam avec le racisme et l'antisémitisme est en effet problématique. Si le sexisme du voile est l'outil matériel de l'islamisme politique, le terme "islamophobie" est son outil sémantique. Sa stratégie victimaire vise à faire de la critique de l'islam (et bien sûr de l'islamisme) un racisme. L'idée est de pouvoir faire avancer son idéologie en circonscrivant les oppositions laïques.

Mettre sur le même plan l'atteinte à l'islam avec le racisme et l'antisémitisme est en effet problématique.

Une enseignante se dit choquée par la critique de son collègue. Elle affirme que "la notion d'islamophobie [n'est pas contestée] dans le champ scientifique". Tout d'abord, son affirmation est fausse. De plus, elle reprend la définition privilégiée par les islamistes (CCIF & Co) sans l'interroger. Elle ne voit aucun problème à désigner les discriminations envers les musulmans par un mot qui fait uniquement référence à la religion : "islam(ophobie)". En rejetant les termes "actes et propos antimusulmans" ou "musulmanophobie", pour lui préférer "islamophobie", elle assigne les musulmans à leur religion, fusionnant une idéologie religieuse avec des individus pour ne plus distinguer ce qui relève de la critique/moquerie d'une religion et de l'attaque contre des personnes. Cela revient à militer pour l'établissement d'un délit de blasphème spécifique à l'islam. Exactement ce que veulent les islamistes. Nous sommes bien éloignés de la science.

Des syndicats étudiants installent à Grenoble l'Inquisition et l'obscurantisme

Des syndicats étudiants s'en mêlent. Non pour défendre la liberté académique, le débat intellectuel et scientifique. Une nouvelle fois, la mobilisation est là pour lancer des anathèmes contre les esprits critiques. Ces militants sont des racistes qui se prétendent "antiracistes". En effet, vouloir faire de l'islam une race assigne toute personne supposée être musulmane à cette religion sans la possibilité de s'en émanciper. Une vision purement orientaliste des musulmans dont l'image exotique amène des militants "antiracistes" à s'aligner sur les revendications de l'extrême droite musulmane. Cette dernière, par son discours victimaire, sait comment parler à cette frange de la gauche.

Ces militants s'attaquent donc aux deux enseignants qui ont exprimé leur inquiétude sur le terme "islamophobie". Quel syndicat se trouve parmi les soldats de la nouvelle Inquisition ? L'UNEF (de Grenoble) bien sûr. Ce syndicat a créé de multiples listes communes dans plusieurs facs avec l'EMF (branche estudiantine des Frères musulmans).

Cet évènement à Science Po Grenoble est un nouvel exemple du danger obscurantiste et totalitaire qui nous guette, cette fameuse alliance "qui n'existe pas" entre l'islamisme et une partie de la gauche.

Je suis Grenoblois. Il y a 15 ans, lorsque j'étais à la tête de Ni Putes Ni Soumises à Grenoble, j'avais eu l'occasion d'intervenir dans un débat organisé par l'IEP. Aujourd'hui, un tel débat serait impossible. Des enseignants participent même à l'installation de cet obscurantisme et à l'avancée de l'islamisme politique. Leurs collègues qui s'en inquiètent sont mis sous pression. C'est effrayant.

Comme il y a 15 ans, je suis prêt à me rendre à cet IEP pour débattre... même face à ces nouveaux réactionnaires qui rejettent tout débat.

(1) Grenoble : les noms de deux professeurs accusés d'islamophobie placardés sur les murs de l'IEP

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