Naëm Bestandji

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Alliance Citoyenne renforce ses offensives sexistes et islamistes contre des salles de sport

Par Naëm Bestandji . Publié le 10 Mars 2020 à 19h03

L'association Alliance Citoyenne, dont l'activité est de défendre les habitants défavorisés face aux bailleurs sociaux, diversifie ses luttes depuis plus d'un an. Sensible aux revendications de l'intégrisme musulman par sa vision orientaliste de l'islam et de ses fidèles, en lien depuis sa création avec des Frères musulmans (EMF, CCIF, Centre Culturel Musulman de Grenoble, …), elle a craqué de passion pour les revendications sexistes pro burqini d'une militante islamiste, Taous Hammouti (1).

Depuis, l'association ne cesse de jouer les bateleuses pour accueillir en grand nombre des femmes voilées afin de favoriser l'avancée de l'islamisme politique. Le sexisme du voile est le principal outil de l'islamisme. Ce cheval de Troie sert, entre autres, de lien entre une partie de l'extrême droite musulmane et d'une frange perdue de la gauche. Alliance Citoyenne en est un des exemples les plus aboutis.

Les piscines ne sont plus ses seules cibles. Elle vise à présent aussi les salles de sport.

L'antenne lyonnaise de l'association a récemment obtenu une victoire contre une première salle. Elle partagea sa joie le 2 mars sur sa page Facebook (2).
Quatre jours plus tard, Alliance Citoyenne de Grenoble prit le relais en rendant publique une action similaire menée en parallèle depuis le 28 janvier contre une salle de sport de Saint-Martin d'Hères (3).

Le mensonge d'Alliance Citoyenne sur les "droits civiques"

Comme à son habitude, elle précise dès le début de sa publication que son action s'inscrit dans la "campagne Droits civiques des femmes musulmanes". L'association continue de mentir publiquement. Je continue donc de répéter : l'intransigeance vestimentaire d'une poignée de fanatiques n'a rien à voir avec les droits civiques. En France, il n'existe pas de droits civiques spécifiques à telle ou telle communauté ethnique ou religieuse. La République ne reconnaît que des citoyens. L'appel aux droits civiques est importé des États-Unis. Elle vise à jouer sur l'émotion en créant artificiellement un lien entre la conquête des droits civiques des afro-américains contre le racisme et la conquête politico-religieuse des islamistes en France par le sexisme. De plus, prétendre parler au nom des "femmes musulmanes" stigmatise et essentialise toutes les musulmanes. Des bigotes qui ont intégré la diabolisation de leurs corps ne représentent qu'elles-mêmes. Cette analogie avec les droits civiques américains est une démarche politique qui a pour finalité de fractionner la société française, la diviser en communauté où chacune aurait des droits spécifiques.
Lutter pour des "droits civiques" spécifiques aux musulmanes voilées est la revendication de privilèges particuliers en raison de la supériorité supposée de leurs croyances et de leur sexisme.

Tordre la réalité pour pointer une fausse discrimination et se victimiser

La mise en pratique de cette stratégie est déroulée dans la suite de la publication. Voici le contexte : le règlement intérieur de la salle de sport Keep Cool stipule l’interdiction des couvre-chefs pour toutes les personnes fréquentant ce lieu, sans distinction d'origine, de religion ou d'opinion. Ainsi, les femmes voilées comme toute autre personne dont la tête serait couverte sont acceptées à partir du moment où elle le retire pour pratiquer l'activité. Il n'y a donc pas la moindre trace de discrimination et la loi est pleinement respectée. Alors comment l'association justifie-t-elle son action ? Elle utilise la rhétorique d'inversion. Voici comment elle retourne la situation en transformant le refus d'un privilège en acte de discrimination :
"Le règlement intérieur de Keep Cool stipule l’interdiction des couvre-chefs et exclut, de fait, les femmes musulmanes voilées de ses équipements. Dès lors qu’une partie de la population est exclue nous pouvons parler de discrimination. Hors [sic] toutes formes de discrimination est contraire à la loi (textes de loi à la fin du post)".

Alliance Citoyenne considère la liberté "religieuse" supérieure à toute autre considération.

Pour appuyer son propos inversé, elle cite l'article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, et l'article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Ces articles concernent la liberté religieuse. L'association considère cette liberté supérieure à toute autre considération. C'est juridiquement infondé (toute liberté est encadrée par la loi) et anti-laïque. De plus, laisser croire que le voile serait religieux a pour intérêt d'aller sur le terrain de la liberté religieuse, plus facile à défendre que celui réellement concerné par le voile : le sexisme. Comme je l'avais déjà écrit par le passé, ce renversement permet à ce vêtement raciste et discriminant de ne pas être une des cibles de la Déclaration Universelle des Droits Humains visées par son article 1 mais, au contraire, de bénéficier de sa protection en tant qu'expression religieuse. Alliance Citoyenne n'a rien inventé. Ce renversement pour instrumentaliser les Droits Humains est appliqué depuis des années par l'islamisme politique.

Le sexisme exacerbé d'Alliance Citoyenne fait du voile un élément génétique

Selon l'association, deux jeunes femmes auraient donc été "refoulées" sans la moindre raison valable : "Le 28 janvier, Soumia et Chadia ont été refoulées à l’entrée de la salle de sport Keep Cool de SMH. Nous demandons à ce que les femmes musulmanes voilées aient le droit de faire du sport comme tout le monde dans les équipements sportifs du territoire".

Comme expliqué plus haut, la salle n'interdit pas à ces femmes d'entrer. Seul leur accessoire vestimentaire est interdit, pas elles, comme il est interdit pour tout le monde de la fréquenter avec un couvre-chef. Elles ont donc "le droit de faire du sport comme tout le monde dans les équipements sportifs du territoire". En les présentant comme des "femmes musulmanes voilées", l'association souhaite lier de façon inextricable l'Être humain, l'islamité et le voile au point de fusionner l'ensemble. Leurs voiles seraient génétiquement incrustés sur leurs crânes jusqu'à leurs gorges et leurs cous. Il leur serait donc physiquement impossible de les retirer. Considérant que cela fait partie de leur ADN, l'association tente de faire croire à une forme de discrimination similaire à la couleur de peau.

Le voile n'a strictement rien à voir avec le spirituel et tout à voir avec le sexisme le plus archaïque.

Que ce soit dans les piscines pour le burqini ou les salles de sport, pourquoi toutes ces actions sont uniquement menées par des femmes ? Parce que le voilement ne concerne qu'elles, pas les hommes. Alliance citoyenne n'organise aucune action pour les "droits civiques des hommes musulmans". Elle ne mène aucune offensive contre des piscines ou des salles de sport pour "demander à ce que les hommes musulmans voilés aient le droit de faire du sport comme tout le monde dans les équipements sportifs". Pourquoi ? Parce que le voile est un accessoire vestimentaire patriarcal créé pour marquer une partie de l'Humanité en raison de son sexe. Alliance citoyenne souscrit à l'interprétation intégriste de l'islam qui fait de la femme un objet sexuel. Sa tête, ses oreilles, son cou et sa gorge sont considérés comme équivalents au pubis. Ainsi, l'intégralité de son corps est définie comme un objet sexuellement tentateur qui devrait être caché de la vue des hommes. Cela n'a strictement rien à voir avec le spirituel et tout à voir avec le sexisme le plus archaïque.

Il n'y a donc aucune discrimination envers les musulmans en général, aucune discrimination envers les femmes musulmanes en particulier, ni aucune discrimination envers "les femmes musulmanes voilées" qui, sans leur fanatisme, pourraient retirer leur voile le temps de la pratique sportive, comme toute personne qui porterait un couvre-chef. Or, il n'y a bien qu'elles qui portent un tel accessoire. Personne ne s'habille ainsi pour aller faire du sport en salle ou en piscine, que ce soit pour des raisons "religieuses", politiques ou philosophiques. Aucun intégrisme d'aucune autre religion ne mène de telles offensives. Si d'autres portaient un tel accessoire, s'ils étaient acceptés en salle et que les femmes voilées étaient refoulées, il y aurait discrimination. Si un règlement intérieur spécifiait que les "voiles" sont interdits alors que tout autre couvre-chef serait autorisé, il y aurait aussi discrimination. Mais ce n'est pas le cas. La seule discrimination présente est le voile sur leurs têtes. Il a été créé par des hommes qui ont défini et imposé la "pudeur" féminine pour se protéger de la "provocation" de ces objets sexuels et bien marquer l'inféodation des femmes à leur hiérarchisation humaine.

Mais, fidèle à sa rhétorique d'inversion héritée de l'islamisme politique, l'association considère que le refus de cette auto discrimination rétrograde serait une discrimination.

Ainsi, Alliance Citoyenne ne travaille pas pour l'émancipation des femmes mais pour conforter la soumission patriarcale de celles qui souscrivent à la servitude volontaire. Pire encore, les non musulmans de l'association organisent les actions et forment les "femmes musulmanes voilées" enrôlées pour les accomplir. Et aucun compromis ne doit être accepté. Le sexisme et l'obscurantisme doivent se vivre intégralement. Une éclatante démonstration est donnée dans la vidéo mise en ligne par l'association.

Se rendre sur place en caméra cachée, première étape de la mise sous pression

Les étapes sont les mêmes qu'à Lyon. Quelques femmes voilées se rendent dans une salle de sport en caméra cachée pour filmer leur échange avec la personne à l'accueil. Comme à Lyon, absolument rien ne peut être défini comme discriminant dans les propos tenus par cette personne. Elle va même jusqu'à proposer une solution de compromis : "au niveau du voile, il faudra faire quelques chose de très très petit. Juste un petit bandana sur la tête pour que ça tombe dans le cou. Notre règlement stipule de ne pas avoir de couvre-chef (…) par mesure d'hygiène et de sécurité".

Mais rien n'y fait. Pour les extrémistes, c'est le voile un point c'est tout. Elles vont alors sur le terrain du racisme (que pourtant rien ne justifie dans les propos de cette personne ni dans le règlement intérieur de la salle) et de la victimisation classique par l'usage habituel du mot "humiliation" pour un échange qui n'avait rien d'humiliant : "Nous sommes françaises, et je me suis sentie humiliée par leur comportement". Comme à Lyon, cette victimisation servira à justifier une montée en pression dans les prochaines semaines pour faire céder la salle de sport. L'association en donne un avant-goût dans sa vidéo. Elle cite nommément la salle, invite à "faire baisser [sa] note sur internet" et intime cet ordre aux gérants : "la salle de sport Keep Cool de Saint-Martin-d'Hères doit changer son règlement intérieur qui exclut une catégorie de citoyenne française".

Alliance Citoyenne et la rhétorique d'inversion de l'islamisme politique

Au-delà de la victimisation qui transpire à chaque ligne, Alliance citoyenne s'approprie intégralement la rhétorique d'inversion de l'islamisme politique que j'avais analysée il y a quelques années : "Les Frères Musulmans (…) usent depuis plus de 25 ans de ce que j'ai nommé la "rhétorique d'inversion". Ils instrumentalisent des valeurs et concepts (Droits de l'Homme, féminisme, démocratie, laïcité, etc.) pour les redéfinir à leur convenance afin, ensuite, de mieux les retourner contre la République. (…) L'intérêt est double : rassurer et séduire / se victimiser et culpabiliser."
Ainsi, en plus de l'inversion de la situation expliquée plus haut, l'islamisme politique récupère à chaque fois les termes qui s'opposent à lui pour les redéfinir, les inverser et les retourner contre la société. C'est le cas depuis des années pour "Droits humains", "féminisme", "antiracisme" et "laïcité". Les islamistes du CCIF ont fait de cette inversion un art. Alliance Citoyenne et elle sont associées depuis un moment déjà. Cela se ressent dans la stratégie de communication victimaire et d'inversion. L'été dernier, lors des polémiques sur le burqini, le mot "république" revenait souvent, notamment dans mes écrits. Alliance citoyenne l'avait donc repris pour se présenter en défenseure de la République. Cette fois, le terme souvent évoqué est "séparatisme", pour y associer l'islamisme. Alors que fait Alliance citoyenne ?... Dans sa vidéo, après avoir pointé nommément du doigt la salle de sport, elle enchaîne directement par ceci : "ce genre d'exclusion est une forme de séparatisme. #StopAuSéparatisme".

Un séparatisme pourtant "pudiquement" souhaité par l'antenne lyonnaise de l'association :

Cet échange est en commentaire de la publication qui annonce la victoire de l'association sur la salle de sport lyonnaise. Elle laisse ici entrevoir son arrière-cour : banaliser, in fine, un apartheid strict des sexes. Le clin d'œil est là pour souligner l'allusion au soutien et à l'encouragement à cette demande de salle séparée.

Quand nos représentants politiques prendront-ils leurs responsabilités ? Quand les associations féministes se dresseront enfin contre ces offensives sexistes enrobées de "religieux" ? La lutte contre les discriminations sexistes vaut-elle moins que les luttes contre les autres discriminations, au point de faire passer la liberté de l'intégrisme religieux devant l'égalité des sexes ?

(1) Burqini à la piscine municipale de Grenoble : la mairie sous pression d'intégristes musulmanes
(2) L'action islamiste d'Alliance citoyenne dans une salle de sport
(3) [salles de sport refusent l'inscription de femmes qui portent le voile]

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