Naëm Bestandji

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L'action islamiste d'Alliance citoyenne dans une salle de sport

Par Naëm Bestandji . Publié le 23 Décembre 2019 à 13h29

L'association Alliance Citoyenne s'est faite connaitre pour ses actions burqini dans les piscines municipales de Grenoble. Cas d'école de l'alliance entre une partie de la gauche et de l'islamisme politique, j'avais produit de multiples écrits sur cette association et son sexisme politique pour dévoiler sa stratégie d'action et de communication.

L'intégrisme musulman au sein de cette association ne s'est pas éteint avec la fin de l'été. En attendant les prochaines actions burqini, les réunions s'enchaînent et les opérations sur le terrain se poursuivent. Les éléments de langage classique de l'islamisme politique ne changent pas. L'association a gardé le titre "Campagne droits civiques des femmes musulmanes" que j'avais analysé en long, en large et en travers pour montrer la supercherie d'une telle appellation : les musulmanes ont les mêmes droits civiques que tous les autres français ; de plus, cette appellation a pour but d'essentialiser et de réduire toutes les musulmanes à des fanatiques voilées qui voudraient faire plier la République. L'intérêt est de faire croire que toutes les musulmanes sont visées et de disqualifier celles qui s'opposent à ces intégristes.

L'opération vient cette fois de l'antenne de Lyon. Trois femmes voilées se sont présentées à une salle de sport lyonnaise qui, dans son règlement intérieur, précise que les couvre-chefs (quels qu'ils soient) sont interdits, notamment pour des questions de sécurité liées à la vidéo surveillance. Aucune mention religieuse, et encore moins liée à l'islamisme, ne figure nulle part dans ce règlement. Mais, comme pour le burqini, cette égalité de traitement est perçue comme discriminatoire puisque aucun privilège n'est accordé au sexisme du voilement. Les militantes ont donc préparé leur petite action et filmé la scène (1). Comme à leur habitude, elles tentent de dramatiser la séquence et de se faire passer coûte que coûte pour des victimes.
La vidéo est doublement utile. Elle sert à faire le buzz sur les réseaux sociaux pour remettre ce sujet au cœur de l'actualité. Puis, si cela fonctionne, les islamistes et leurs soutiens hurleront à la stigmatisation des "musulmans" en déclarant qu'on parle encore du voile parce que "la France a un problème avec les musulmans". Tous les interstices de la victimisation doivent être exploités.

La rhétorique d'inversion fonctionne là encore à plein régime. La page Facebook d'Alliance citoyenne cite le règlement intérieur de la salle de sport pour le détourner : Pour rappel, l’article 13 de votre règlement intérieur dispose : « Pas de casquette, ni foulard, ni capuche, ni chapeau, ni bonnet… ». Ainsi, il exclut les femmes portant un foulard, ce qui constitue une discrimination fondée sur l’appartenance à une religion.

Nous retrouvons ici le terme "foulard" toujours utilisé pour euphémiser le voile, le banaliser en faisant écho aux simples foulards "de nos grands-mères".

Le règlement de cette salle donne des détails sur ce qui est interdit et ne montre aucune discrimination envers les femmes voilées. Rien ne montre non plus une volonté de discriminer les croyants d'une religion. Pourtant, les islamistes d'Alliance citoyenne tordent cet article jusqu'à l'absurde pour y inclure une discrimination imaginaire. Le simple fait de demander à ces militantes de respecter un règlement applicable à tout le monde est déclaré être discriminant par Alliance citoyenne (leur vision totalitaire du monde leur accorde des privilèges "naturels"). Elles demandent donc "la modification du règlement intérieur au plus vite".

Comme pour le burqini, l'intrusion du sexisme du voile dans les salles de sport n'est qu'une étape pour, à terme, obtenir des horaires sexuellement séparés, en parallèle du développement de salles de sports islamistes où tout sera fait pour assurer une séparation "convenable" des sexes.

Le simple fait de demander à ces militantes de respecter un règlement applicable à tout le monde est interprété comme étant discriminant (leur vision totalitaire du monde leur accorde des privilèges "naturels").

Toujours dans la continuité stratégique utilisée pour le burqini, la raison d'être du voile (accessoire vestimentaire raciste et discriminant en raison du sexe) est occultée pour le présenter comme signe religieux. Cela lui permet d'être protégé par divers articles des diverses déclarations des Droits Humains qu'Alliance citoyenne répète à l'envie, comme tous les islamistes politiques. Cela permet également d'instrumentaliser la laïcité contre un règlement pourtant laïque puisque ne visant aucune religion. Là encore, le texte d'Alliance citoyenne ne s'en prive pas, comme toujours.

Cette nouvelle action montre que la motivation de l'islamisme politique est sans faille. Cette opération vise à faire plier autant de règlements intérieurs que possible. Si un des règlements cède, cela créera une sorte de jurisprudence politique qui facilitera le changement des autres règlements par des actions ultérieures. Leur motivation n'est pas le "vivre ensemble" ni l'égalité des droits qu'elles ont déjà. Leur motivation est l'entrisme et l'extension de l'intégrisme religieux sur des bases identitaires et communautaires dont le sexisme du voilement est l'outil politique fondamental.

Cela nous alerte enfin, c'était prévisible, sur le fait qu'Alliance citoyenne profitera sans doute de la campagne municipale qui s'annonce pour faire de son sexisme identitaire et politique (qu'elle nomme "droits civiques des femmes musulmanes") un sujet premier des candidats aux élections.

(1) [ Campagne droits civiques des femmes musulmanes ] Refoulées de la salle de sport

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