Naëm Bestandji

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2019 : l'apogée du féminisme, annonciateur de son imperceptible déclin ?

Par Naëm Bestandji . Publié le 30 Décembre 2019 à 12h51

Source : https://www.jetdencre.ch/de-la-greve-de-1991-a-celle-de-2019-trente-ans-de-luttes-feministes

Un article publié dans Libération revient sur les grands moments féministes de 2019, une année marquée par des avancées certaines (1). Il est vrai que la parole des victimes de violence se libère, les frontières entre les métiers "masculins" et "féminins" s'estompent, les exemples de femmes qui réussissent là où on ne les attendait pas se multiplient. Quel soulagement d'observer que les luttes menées par celles qui nous ont précédés, les pionnières, voient leurs graines se multiplier et se développer. Des suffragettes aux cheffes d'État et de gouvernement actuelles, des premières femmes travaillant à la NASA aux spationautes d'aujourd'hui, du 1er journal télévisé français présenté par une femme en 1976 aux multiples journalistes femmes qui occupent nos écrans, des sports considérés comme masculins qui se féminisent. Les exemples sont encore nombreux.

Toutefois, en parallèle, des reculs se font jour, tabous pour certains comme à Libération. Les avancées citées occultent des reculs plus dangereux, et les conséquences à venir plus graves, que tous ce que nous avions pu connaître auparavant. Signe d'un basculement possible à venir qui verra les avancées d'aujourd'hui comme le chant du signe d'un féminisme qui aurait atteint son apogée avant son déclin.

Ces reculs agissent par le développement toujours plus important d'une idéologie totalitaire dérivée d'une religion : l'islamisme. L'obsession sexuelle de ses acteurs est telle, leur sexisme et leur patriarcat si développés, qu'ils ont fait du corps des femmes leur champ de bataille, du voile leur symbole identitaire et politique, outil principal de leur propagande. Par ce moyen, associé à la victimisation et à la rhétorique d'inversion, les islamistes trouvent des alliés non musulmans qui se font les relais, les attachés de presse, les agents du sexisme politique et assurent ainsi une plus grande efficacité dans la conquête idéologique de l'islamisme.

Ces reculs agissent par le développement toujours plus important d'une idéologie totalitaire dérivée d'une religion : l'islamisme.

L'apogée de l'alliance entre une partie de la gauche et l'extrême droite musulmane

Des associations féministes comme le Planning familial, des associations non religieuses comme Alliance citoyenne, des syndicats comme l'UNEF, une association de parents d'élèves comme la FCPE, des partis politiques comme LFI ou le NPA se sont alliés aux islamistes ou, au moins, à certaines de leurs conceptions des mœurs et de la femme au point d'en faire la promotion. Même France Télévisions, service public financé par l'État, semble doucement basculer du côté obscur de la force.

France Télévisions, partenaire involontaire (?) de l'islamisme politique en 2019

France tv slash est la première chaîne 100% numérique de France Télévisions. Créée en novembre 2018, elle s'adresse à tous mais surtout aux jeunes. Parmi ses programmes variés, elle produit une série destinée à la jeunesse, fortement inspirée par le racialisme. Résultat : France Télévisions promeut le sexisme et s'inspire de la propagande islamiste et racialiste pour banaliser le voile auprès des jeunes (cible privilégiée des islamistes). Par exemple, dans un épisode diffusé en mai 2019 (2), on y retrouve la fausse et choquante comparaison entre voile (qui relève d'un "choix" idéologique et sexiste plus ou moins contraint) et homosexualité (qui ne relève pas d'un choix mais de la nature de chacun). On y fait aussi la comparaison entre le voile et la couleur de peau. Comme si l'adhésion à un extrémisme religieux était inscrite dans les gênes et le voile cousu sur le crâne de celles qui le portent. France TV met donc au même niveau la critique et le refus d'une idéologie sexiste et totalitaire (l'islamisme), et le rejet d'individus (les homos, les noirs) en raison de ce qu'ils sont en tant qu'Êtres humains. Cette chaîne fait ainsi de l'essentialisme pour promouvoir une forme de sexisme. L'adhésion à une idéologie religieuse ne relève plus d'un choix mais de la biologie.

Comme les associations et partis politiques cités plus haut, pour montrer une pseudo tolérance, la chaîne publique contribue au développement de l'intégrisme musulman dont le sexisme du voile est l'outil de propagande par excellence. Elle contribue à conforter les jeunes filles voilées dans leur auto discrimination et à enfoncer toutes les musulmanes qui y résistent encore, puisque le service public valide l'idée islamiste qu'une musulmane est forcément voilée.
Atterré par cet épisode, je pensais à ces musulmanes égorgées en Algérie car elles refusaient de porter le voile, à toutes ces femmes à travers le monde qui sont oppressées, voire violentées, pour les amener au "libre choix" du port de ce marquage textile discriminant. Ce programme sexiste de France Télévisions contraste avec une initiative lancée elle aussi en 2019 par des féministes qui, en réaction au "hijab day" créé par des islamistes, ont lancé le "no hijab day"/#FreeFromHijab pour protester contre l'obligation de se soumettre à ce sexisme dans certains pays.

Free from hijab

La manifestation contre "l'islamophobie" fut, en 2019, l'apothéose de ces alliances contre nature (3). Ainsi, un cordon sanitaire a été créé par une frange de la gauche pour protéger l'intégrisme musulman. Les islamistes n'ont même plus besoin d'attaquer les laïques et les féministes universalistes. En 2019, cette partie de la gauche s'en est chargée.

Le capitalisme au service de l'islamisme politique

Le secteur économique n'est pas oublié. Dans un monde capitaliste où l'argent n'a ni odeur ni déontologie, des marques de vêtements comme Nike ou H&M reprennent des éléments de langage issus de l'islamisme pour promouvoir le voilement des femmes. Le terme "pudeur", défini par des hommes pour fixer la norme vestimentaire féminine "respectable", a abouti à la "mode pudique". Les "vêtements modestes" sont promus par des marques pour ramener les femmes à l'occultation ancestrale de leurs corps, au grand bonheur d'une part des islamistes qui y voient une étape importante pour leur avancée. On s'extasie alors sur l'accès des femmes musulmanes au sport en oubliant qu'il est conditionné par l'occultation de leurs corps. En 2019, le hijab de Décathlon n'a pas fait long feu face à la polémique, quand ceux de Nike sont pleinement assumés par la marque. L'émancipation par le sport devient un leurre par la sexualisation permanente du corps féminin dont il faudrait se protéger en le cachant derrière une prison mobile et mentale.

Le terme "pudeur", défini par des hommes pour fixer la norme vestimentaire féminine "respectable", a abouti à la "mode pudique".

2019 a vu selon moi l'un des actes les plus sexistes et patriarcaux filmés à ce jour, sur un terrain de football. Il est l'illustration du partenariat entre des marques de vêtements, des instances sportives et l'islamisme.

Une scène sexiste applaudie dans le monde entier

Cette scène s'est déroulée en Jordanie, lors d'un match de foot féminin qui, semble-t-il, eut lieu en 2018. La vidéo a été partagée sur les réseaux sociaux en octobre 2019 par la chaine sportive américaine ESPN (4).

Scène sexiste lors d'un match de foot féminin

On y voit une joueuse voilée dont le hijab est sur le point de tomber, laissant apparaître une partie de ses cheveux. Instantanément et spontanément, trois joueuses de l'équipe adverse et deux coéquipières s'arrêtent et entourent la jeune femme pour lui permettre de réajuster son voile, accroupie, à l'abri des regards. Le match fut suspendu le temps de cette scène. Des applaudissements du public se font entendre. Cette vidéo est devenue virale, non parce qu'elle a choqué mais, au contraire, parce qu'elle a ému. Des féministes ont été parmi les plus enthousiastes face à ce "geste de solidarité", cette "belle image de tolérance", "un vrai esprit sportif". Pourtant, nous avons assisté à une des scènes les plus sexistes qui aient jamais été filmées : une femme porte un voile car elle serait un objet sexuel qui devrait être caché du regard des hommes pour apaiser leur libido. Son corps est considéré comme un organe sexuel, y compris sa tête qui serait l'équivalent de son pubis. Des hommes ont créé et délimité ce qui est censé être la "pudeur" féminine. Le voile a pour fonction de "respecter" cette pudeur pour respecter les hommes, donc "se respecter" elles-mêmes puisque tout passe par le prisme masculin. Un faux vernis religieux a été rajouté en instrumentalisant l'islam afin de créer la peur d'un châtiment divin chez les récalcitrantes. Toute cette pression sociale masculine et ces divines menaces portent un nom selon les partisans du voilement : le "libre choix". Ce fameux "libre choix" s'exerce depuis la nuit des temps, faisant du sexisme la seule forme d'oppression défendue et promue par une partie de ses victimes. C'est toute la force du patriarcat dont le système repose surtout sur le consentement des personnes visées. Sa transmission se fait donc par l'éducation, à travers les mères. Le voile est l'outil le plus visible de ce système oppressif. A force d'entendre les prêches d'islamistes qui leur expliquent comment bien se vêtir, des femmes musulmanes ont intégré l'idée qu'elles sont des objets sexuels sur qui repose la responsabilité de la gestion de la libido masculine, de la régulation des mœurs et du poids de la réputation familiale. Le voile leur rappelle aussi quelle est leur condition : elles peuvent avoir un emploi, faire du sport, mais elles ne doivent jamais oublier où est leur place et quel est leur statut : inférieur aux hommes. Le degré de vertu féminine se mesure au degré inversé de l'excitation sexuelle masculine qu'elles pourraient provoquer.

Des hommes ont créé et délimité ce qui est censé être la "pudeur" féminine. Le voile a pour fonction de "respecter" cette pudeur pour respecter les hommes.

"Toutes les joueuses protègent la joueuse qui a perdu son voile", comme l'a écrit un site de média en ligne (5). La protéger de quoi ? "De la vue des spectateurs". Il s'agit bien des spectateurs masculins, pas des spectatrices. D'ailleurs, les joueuses qui entourent la jeune femme sont tournées vers elle car, en tant que femmes, elles ont le "droit" de la regarder. Nous sommes bien face à une scène où les actrices mettent en pratique tout ce que le patriarcat leur a inculqué, à la plus grande satisfaction d'hommes… et de femmes.

Aucun homme n'a jamais fait le "libre choix" de se voiler par "pudeur". C'est pour cela que nous ne verrons jamais une telle scène se produire lors d'un match de football masculin. Aucun homme ne se mettra jamais accroupi, position symboliquement expressive de soumission, pour réajuster un voile sur sa tête. Aucun joueur ne se mettra jamais autour de cet homme hypothétique pour le protéger du regard concupiscent des femmes dont le bas ventre monterait en température par l'excitation provoquée à la vue de cette crinière masculine.

Aucun homme ne se mettra jamais accroupi, position symboliquement expressive de soumission, pour réajuster un voile sur sa tête.

Par leur éducation orientée vers le "respect" des hommes, ces joueuses ont naturellement appliqué ce pourquoi elles ont été formatées. Ce sexisme leur semble si naturel que leur réaction a été spontanée, une forme de réflexe de "pudeur" où le corps de la femme doit totalement s'effacer pour se protéger du regard des hommes. Voilà ce qui a suscité les applaudissements du public et tant de joie à travers le monde. Voilà ce que des féministes et des "antiracistes" ont qualifié "d'esprit sportif", de "belle image de tolérance". Oui, tolérer et s'enthousiasmer devant un des actes les plus sexistes qui ait jamais été filmé serait montrer sa tolérance. Le site Aufeminin.com note même que c'est "un bel exemple à suivre" (6).
Encore une fois, on s'extasie que des femmes puissent jouer au foot en oubliant que cela est conditionné par l'occultation du corps et de la tête de certaines des concernées.

Ces quarante secondes capturées pour la postérité et mondialement diffusées sont les filles obéissantes de quarante siècles de patriarcat. Cette attitude réflexe des joueuses et les réactions positives à travers le monde illustrent cette culture à dominante masculine ancrée au plus profond de l'âme humaine. Ces quarante secondes et les réactions de joie montrent enfin la complicité de non musulmans envers le sexisme islamiste. Une complicité qui permet le développement de l'islamisme politique à travers le sexisme du voilement. Là encore, l'année 2019 fut riche en ce domaine.

Le sexisme islamiste est promu par des ONG et des États

En juillet 2019, Ammesty International lança une campagne pour faire la promotion du sexisme islamiste, toujours par relativisme culturel typique des anglo-saxons (7). Son slogan ("les femmes doivent avoir le droit de choisir comment se vêtir") est l'argument typique de ceux qui veulent faire passer le sexisme du voile pour un simple accessoire vestimentaire et les injonctions des hommes islamistes comme une forme de "libre choix". Cette volonté farouche de défendre le sexisme islamiste par relativisme culturel est entretenue par un phénomène lui aussi importé du monde anglo-saxon : l'intersectionnalité. Le féminisme intersectionnel fait partie d'une conception raciale du monde où les Êtres humains sont classés selon leur couleur de peau et leur religion. La religion est elle aussi racialisée. Le féminisme n'est plus qu'un outil pour justifier la nouvelle lutte des "races". Le sexisme du voile, brandi comme outil identitaire par les islamistes qui, ainsi, se présentent comme d'éternelles victimes, devient le symbole de la résistance face à "l'impérialisme" et au "colonialisme" occidental.
Par le racialisme et l'intersectionnalité, des associations et ONG naturellement adversaires des islamistes, et du sexisme de façon générale, en viennent ainsi à défendre ce qu'elles sont censées combattre. C'est le cas d'Amnesty International. Cette tolérance pour ce sexisme a vu naitre des initiatives en Europe du nord. En Angleterre, 2019 a vu l'apparition des premiers hijabs stériles et jetables en bloc opératoire (8), ou comment adapter le sexisme aux impératifs d'hygiène d'un hôpital. En décembre 2019, l'adaptation au sexisme islamiste est venue de Norvège. La compagnie ferroviaire nationale a inclus le hijab dans sa variété d'uniformes. Le site Oumma.com, média en ligne qui adhère à l'idéologie des Frères musulmans, ne cache pas son enthousiasme pour cette décision de la Norvège qui aurait "un bon train d’avance, en Europe, sur le plan de l’évolution des mentalités…" (9). Présenter le sexisme "religieux" comme un progrès est typique de la rhétorique d'inversion qui, justement, permet une telle "avancée".

Le féminisme intersectionnel est un des meilleurs agents de l'islamisme politique

Dans la foulée de 2018, 2019 a aussi vu le Planning familial se noyer dans cette intersectionnalité qui a poussé le mouvement toujours plus loin dans la complaisance envers le sexisme islamiste. Il a même failli retirer la laïcité de sa charte pour ouvrir encore plus grand ses bras à ce sexisme. Ses adversaires ne sont plus tant les religieux qui oppriment les femmes mais des féministes qui dénoncent cette complaisance du Planning. J'ai été particulièrement visé cette année-là. Ma mobilisation contre l'expansion politique et sexiste du voile waterproof, le burqini, n'a rien arrangé. Le PF de Grenoble a officiellement soutenu cette forme de sexisme et s'est alliée à l'association à l'origine des actions burqini dans les piscines municipales de Grenoble (10). J'ai personnellement observé la présence de Taous Hammouti dans les locaux du PF de Grenoble. Cette militante islamiste, tête de file des actions burqini, était au PF comme chez elle. C'est comme si SOS racisme accueillait Marion Maréchal Le Pen dans ses locaux et qu'elle prenait ses aises comme si elle était à Montretout (lieu de résidence du clan Le Pen).

2019 a aussi vu la critique (légitime) par des féministes de la présence des miss aux étapes du tour de France et de nouvelles critiques des concours de mini miss, tout en gardant le silence sur le sexisme du voile, du burqini et sur le voilement des "mini femmes" que sont les fillettes. Certaines ont même, en parallèle de leurs critiques des miss du Tour de France, défendu le sexisme du voilement. Le "libre choix" des premières est condamnable quand le second serait acceptable (11).

Ces investissements de marques de vêtements dans le sexisme islamiste, cet emballement de joie pour cet incroyable moment sexiste lors d'un match de foot féminin, le zèle d'associations et d'ONG à défendre le sexisme du voilement et de certains pays à s'adapter à ce sexisme motivés par leur vision orientaliste des musulmans, la perte de repère de nombre de féministes qui cajolent ce qu'elles sont censées combattre, montrent les prémices d'un basculement progressif vers un recul chronique des avancées féministes. Un basculement suffisamment lent, insidieux, emballé dans des oripeaux de tolérance, pour être indolore. Si indolore qu'il se fait avec le consentement, et même le soutien, de ses victimes. Comme cela s'est toujours produit depuis la nuit des temps. Cette "pudeur" définie par les intégristes musulmans, ce recul de l'égalité des sexes dont le voile est le symbole visible,  deviendront une norme par leur banalisation et déteindra progressivement sur toutes les femmes. Leurs corps seront de plus en plus couverts quand ceux des hommes seront toujours aussi libres. Puis, une fois que le voilement sera bien entré dans les mœurs, suivront des revendications toujours plus sexistes. La séparation des sexes étant le but ultime qui pourrait être atteint, selon les espoirs des islamistes, d'ici deux ou trois générations. Le soutien des féministes relativistes et de mouvements "antiracistes" envers les discriminations à l'encontre des femmes et la hiérarchisation de l'humanité en fonction du sexe et de la "race", par le biais de la bigoterie islamiste, va permettre l'extension politique de l'islamisme dont les corps des femmes sont le champ de bataille.

2019 a marqué l'apogée des luttes des femmes. Ce pic risque d'être annonciateur d'un lent déclin en raison d'un obscurantisme proposé par les islamistes et validé par une partie des sociétés occidentales, ceci au nom de la tolérance de l'intolérable.

(1) Dans les rues, sur les terrains de foot, dans l'espace : 2019, l'onde féministe
(2) SKAM France, Saison 4 épisode 9
(3) L'appel à manifester contre "l'islamophobie" pour défendre le sexisme et l'islamisme politique
(4) Opponents huddle around soccer player so she can fix her hijab l GMA Digital
(5) Élan de solidarité de footballeuses qui protègent une joueuse qui a perdu son hijab en plein match
(6) Elle perd son voile en plein match, ses adversaires la cachent pour qu'elle le remette
(7) Amnesty International lance une campagne pour la promotion du sexisme du voile
(8) Angleterre : le premier hijab stérile et jetable fait son entrée à l’hôpital
(9) La compagnie ferroviaire de Norvège dévoile son uniforme rehaussé d’un hijab
(10) Le Planning Familial et l'islamisme prolongent leur lune de miel grâce au burqini
(11) "Les hôtesses du Tour de France non, le voile oui" : les contradictions du féminisme intersectionnel

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